Nouvelles tendances pour l’architecture autrichienne

19 mai – 3 juin 1982


Exposition réalisée par l’institut d’Architecture et d’Etudes urbaines, New-York

Qui dit Autriche, dit Vienne …

Vienne compte moins d’habitants aujourd’hui qu’au temps d sa gloire impériale au début du siècle. C’est, par conséquent, la seule ville d’Europe occidentale qui ne présente pas le spectacle désolant d’un centre ville surchargé et parfois muséal, étouffé par une épaisse ceinture de constructions des années 50-60 et 70.
Cette ville de 1930 accueille toujours la vie d’aujourd’hui. Extrêmement riche en références architecturales du passé et notamment au tournant de l’architecture moderne, elle ne possède paradoxalement guère de témoins de ce qu’on appelle le Mouvement Moderne ou, plus tard, l’architecture internationale. Sa Werkbundsiedlung, fort modeste, est plutôt un alibi et n’a guère servi de modèle. Dans ces circonstances, les jeunes et les moins jeunes architectes, actuellement à l’oeuvre, ont une position culturelle intéressante : tout en étant critique de l’espace positiviste du Mouvement Moderne, ils n’éprouvent pas toutefois le besoin de réaction recouvert par ce qu’on appelle le Post-.Modernisme. C’est leur privilège d’une recherche authentique dont ils savent très bien qu’elle sera jugée sur place par rapport à des maîtres de taille comme Gottfried Semper, Otto Wagner, Fabiani, Hoffman et Loos. Pour les habitants de Vienne, l’architecture n’a jamais cessé de faire partie de l’art.
Pour situer un peu mieux ce « climat » de Vienne, je traduis un extrait d’un texte du catalogue intitulé Tentatives dans l’art de bâtir : « Comme variation d’un utilitarisme quelque peu épuisé dans l’architecture, on nous a fait ces dernières années des propositions impudentes de clichés classiques vidés de leur substance ou d’oeuvres spectaculaires de l’auto-satisfaction. A l’écart de ces opportunités de la mode, nous tentons de repenser et de faire évoluer les vieilles règles de l’architecture dont l’ensemble constitue l’art de bâtir. Nous considérons donc aussi bien l’acceptation irréfléchie que la destruction délibérée d valeurs traditionnelles comme un appauvrissement culturel »
(Introduction à l’exposition Professeur Pierre von Meiss)