Giuseppe Terragni

Trois œuvres à Côme

16 – 30 janvier 1991


Exposition réalisée avec l’accord de la Fondation Terragni et la collaboration du Cercle Photographique de Côme

Immeuble Novocomum

Dans la tradition orale des habitants de Côme, cet édifice porte le nom de Transatlantique. C’est peut être l’adjectif le plus juste bien qu’un peu ironique au regard de sa masse atténuée seulement par la suite des balcons et par la négation des angles, par le rapport des cylindres et des cubes. En fait, l’adjectif qualifie surtout l’aspect extérieur, car l’impantation de ce bâtiment est dans la tradition et en continuité étroite avec la typologie des appartements en location. Le Novocomum ferme en fait avec une forme en C le dernier côté d’un bloc rectanguiaire avec une grande cour intérieure.

Casa del Fascio

La Casa del Fasscio est peut-être le projet le plus « engagé » et le plus « subi » de Terragni. « Engagé » dans le sens où il témoigne du niveau le plus élevé de conscience projectuelle et « subi » quant à l’évolution des tentatives qui vont du premier projet (architecture conventionnelle entre toutes) en précisant petit à petit la situation, à des projets toujours plus définitifs.

L’édifice entre ainsi dans le jeu des préexistences monumentales les plus significatives de la cité entourée des murs de Côme et en particulier le Thèâtre néoclassique et l’abside du Dôme de Rodari. La Casa del Fascio, un bloc compact, a en fait une articulation complexe à l’intérieur : au rez-de-chaussée, une grande salle à galerie orientée vers l’abside de la Cathédrale; aux étages supérieurs, la grande salle se transforme en une série de coursives sur 4 côtés et se referme enfin en couverture en une sorte de jardin suspendu qui encadre les crêtes des collines de Brunate.

Garderie Sant’Elia

Projetée en 1935 et réalsisée en 1936, la garderie Sant’Elia s’avère la plus claire des oeuvres de Terragni en ce qu’elle résume l’asservissement du thème au choix typologique classique. Il s’agit d’un édifice à cour partiellement ouverte sur un côté, en étroite analogie avec l’organisation du plan et la distribution du plan avec la Casa del Fascio. La différence réside dans le fait que la cour reste ouverte et que le bâtiment ne comporte qu’un seul étage approprié au côté « domestique » du thème. La garderie est située au coeur du premier grand quartier ouvrier construit à partir de 1914 par la Société Coopérative d’Edification dont les volumes reprennent la ligne de crête du Mont Croce à la manière d’un écrin.
Le thème de l’école en plein air, quelques « inventions » comme les pilastres au sud du bâtiment qui supportent à l’extérieur les grands stores pour ombrager les salles, l’escalier qui va de la petite cour à la toiture située de l’autre côté, sa disposition dans la morphologie du quartier ouvrier, relient cette oeuvre à l’école en plein air de Duiker à Amsterdam.
Le soin que Terragni apporte à cet édifice va de soumettre la structure aux plus petites nécessités de la forme à organiser une séquence de lumières horizontales et verticales qui permettent de découvrir simultanément l’intérieur et l’extérieur du bâtiment jusqu’au dessin de l’ameublement qui reste parmi les plus beaux du design moderne.


Casa del Fascio, Côme, 1932-1936

Garderie Sant’Elia, Côme, 1934, 1936-1937