L’œuvre de Frei Otto

25 novembre – 10 décembre 1977


Exposition réalisée par l’Institut für Auslandbeziehungen, Stuttgart

Frei Otto s’occupe des principes fondamentaux de la structure. En s’attachant à résoudre l’éternel problème de toute construction : comment parvenir au résultat maximum un utilisant le moins de matériaux et d’efforts, il a élevé la tente traditionnelle au rang d’un type de construction moderne capable de couvrir de vastes espaces. Dès le début de sa carrière. il a envisagé des structures d’une légèreté et d’une rigidité extrême qui feraient l’usage optimum de minces câbles d’acier à haute résistance ou de fines membranes de matériaux synthétiques. Il a également vu les possibilités des membranes à tension pneumatiques, le seul type de construction que l’on peut considérer comme adapté aux conditions extra-terrestres. Les réalisations de Frei Otto et le fait qu’il se soit consacré à une seule idée peuvent recevoir une interprétation autobiographique. Né en 1925, fils et petit-fils de sculpteurs, il avait appris le métier de maçon tout en consacrant ses heures de loisir à la construction de modèles réduits d’avions. Par la suite, le vol à voile lui a permis d’observer le comportement de fines membranes tendues sur des châssis légers lorsqu’elles sont exposées aux forces aérodynamiques. Au cours de la seconde guerre mondiale, prisonnier à Chartres, il eut la charge d’une équipe de reconstruction sans recevoir aucun matériau. Son ingéniosité méthodique conduisit Frei Otto à des solutions structurelles qui n’avaient rien à voir avec la pratique commune des ingénieurs mais qui étaient d’authentiques innovations.

De retour à Berlin en 1947, il entreprit des études d’architecture à l’Université technique. C’est un échange d’étudiants avec les Etats-Unis, en 1950, qui détermine ses futures préoccupations. Entre autres architectes, il rencontre Eero Saarinen qui l’envoya à Fred Severud. A l’époque, ce fameux ingénieur ciivil s’occupait de l’arène de Raleigh dont le toit suspendu était le premier du genre jamais construit. De retour en Europe, Frei Otto rédige sa thèse sur les toits suspendus. Au cours des années suivantes, il développe ses recherches depuis les structures suspendues stabilisées par des charges jusqu’aux systèmes de traction prétendus. Son oeuvre théorique marchait de pair avec la réalisation de structures allant de formes simples à des formes de plus en plus complexes et à des portées de plus en plus grandes. La plupart des formes utilisées dans les structures en coque et les membranes, telles que les paraboloïdes hyperboliques semblent sans précédent dans l’architecture moderne. Frei Otto cite Constantin Brancusi comme le sculpteur pour lequel il a le plus d’admiration autant pour sa remarquable dextérité manuelle que pour son invention de formes plastiques. Il tient régulièrement des séminaires où des biologistes dissertent sur leurs recherches sur les structures végétales ou animales. En dehors d’adaptations aussi évidente que la « colonne vertébrale », ses méthodes ont tendance à produire des formes, par exemples les structures « en arbre » ou les treillis ont un caractère éminemment organique. Frei Otto ne nie absolument pas la qualité esthétique de son oeuvre mais il soutient que les formes ne sont rien d’autres que la manifestation physique des lois qui gouvernent la nature des matériaux et qu’elles restent hors de la portée de quiconque tenterait de les produire d’une manière exclusivement subjective. Ses principales réalisations sont des pavillons en forme de dais pour les expositions florales internationales de Kassel en 1955 et de Cologne en 1957, une couverture pour le port de Brême, des enveloppes transparentes pouvant abriter des vallées et même des villes entières.
(d’après Ludwig Glaeser)



Bundesgartenschau, Mannheim, 1975

Bundesgartenschau, Mannheim, 1975

Zeltüberdachung eines alten Karussells,
Washington DC, 1975

Weltausstellung, Montreal, 1967